Et s'il n'y a pas d'hiver,

Cela n'est pas l'été

Paysages carolos

Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver
Et s'il n'y a pas d'hiver

«

Ils parlent de la mort

Comme tu parles d'un fruit

Ils regardent la mer

Comme tu regardes un puits

 

Les femmes sont lascives

Au soleil redouté

Et s'il n'y a pas d'hiver

Cela n'est pas l'été

 

La pluie est traversière

Elle bat de grain en grain

Quelques vieux chevaux blanc

Qui fredonnent Gauguin

 

Et par manque de brise

Le temps s'immobilise

Aux Marquises

 

Du soir, montent des feux

Et des points de silence

Qui vont s'élargissant

Et la lune s'avance

 

Et la mer se déchire

Infiniment brisée

Par des rochers qui prirent

Des prénoms affolés

 

Et puis, plus loin, des chiens

Des chants de repentance

Et quelques pas de deux

Et quelques pas de danse

 

Et la nuit est soumise

Et l'alizé se brise

Aux Marquises

 

Le rire est dans le cœur

Le mot dans le regard

Le cœur est voyageur

L'avenir est au hasard

 

Et passent des cocotiers

Qui écrivent des chants d'amour

Que les sœurs d'alentour

Ignorent d'ignorer

 

Les pirogues s'en vont

Les pirogues s'en viennent

Et mes souvenirs deviennent

Ce que les vieux en font

 

Veux-tu que je te dise?

Gémir n'est pas de mise

Aux Marquises

 

» 

Les Marquises, Jacques Brel